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Estelle
MAURANNE |
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Doctorante
et chargée de cours en littérature comparée |
| Thèse en préparation | ||
"Les mythes de la connaissance : Prométhée, Le Diable, Merlin, Faust et Dracula" La Connaissance n'est-elle qu'un privilège divin, un absolu inaccessible, interdit à l'homme? C'est là l'une des interrogations que l'on trouve inscrite au cœur de nombreuses œuvres littéraires depuis les premières versions écrites du mythe de Prométhée chez Hésiode jusqu'aux dernières réécritures du mythe de Faust. Cette question, qui est celle des limites de la connaissance, est intrinsèquement liée à celle des limites de la condition humaine. Création, immortalité, interrogations de l'homme sur lui-même et sur la place qu'il occupe au sein du monde, voilà ce que certains mythes et en particulier ceux de Prométhée, du Diable, de Merlin, de Faust et de Dracula mettent en évidence. Abolissant les frontières, la transmission de ces mythes, d'une civilisation à l'autre, d'un pays à l'autre, d'une langue à l'autre n'est par ailleurs peut-être pas étrangère à la construction de ce que l'on pourrait appeler une Europe des lettres… L'une des premières tâches de ce travail sur les mythes et la connaissance est de définir ces deux signifiants qui s'ouvrent sur de vastes domaines et sur plusieurs possibilités terminologiques. Le mythe est, ainsi que l'explique Pierre Brunel dans
Le Dictionnaire des Mythes littéraires, "un signifiant
flottant […] employé à tous propos". Il est donc
nécessaire de lui restituer une terminologie précise et
surtout adaptée au matériau utilisé et au projet
envisagé. Les travaux de l'historien des religions, Mircea Eliade,
seront ici d'une grande utilité. En effet, dans la perspective
qui est la nôtre -et cela même si le mythe devient, comme
l'a montré Raymond Trousson avec Prométhée, un "thème
littéraire" au moment où il entre en littérature-
on ne peut dissocier le mythe de son rapport au sacré. Ce bref aperçu du sujet et des orientations de la recherche suffit à montrer que l'essentiel de ce travail repose sur le choix d'une méthode qui fait entre autre appel à l'histoire des religions et à la philosophie mais qui doit rester fondée sur les textes. Celle-ci devra avant tout permettre de circonscrire l'étude des mythes retenus à un domaine littéraire et comparatiste. Le mythe n'étant pas un champ d'investigation exclusivement littéraire, les démarches pouvant permettre son analyse et sa lecture sont nombreuses. Parmi elles, on peut notamment évoquer celle de l'anthropologue, du sociologue, du psychanalyste, de l'historien des religions, du philosophe… Toutes peuvent être utilisées avec profit et peuvent permettre des approfondissements à différents stades de la recherche. Mais la méthode qui sert au mieux ce travail comparatiste est celle de l'analyse structurale. En prenant appui sur les travaux de Claude Lévi-Strauss, on peut en effet dégager une méthode qui vise à mettre en évidence la structure des mythes de Prométhée, du Diable, de Merlin, de Faust et de Dracula. Dans la mesure où la première source des
mythes est orale et donc irrémédiablement perdue, ce travail
ne peut se faire qu'à partir des premiers textes qui ont été
consacrés à ces mythes. Les Travaux et les Jours, La
Bible, l'Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth,
les nombreux Volksbücher consacrés à Faust
et le Dracula de Bram Stocker deviennent ici des textes de première
importance puisqu'ils livrent les motifs originels et souvent essentiels
de chacun des mythes étudiés. L'analyse de ces structures
individuelles laisse ainsi apparaître un certain nombre de motifs
communs à chacun de ces mythes. A partir de là, le dégagement
d'un premier système des mythes de la connaissance ordonné
autour d'une succession de motifs est réalisé. Il s'agit
ensuite de se livrer à un recensement des textes qui ont contribué
à faire des mythes étudiés des thèmes littéraires
et d'analyser la permanence et la métamorphose des motifs préalablement
retenus. Ce travail est essentiel. Il doit permettre d'ordonner les motifs
que l'on a dégagés dans une structure signifiante pour fixer
le système des mythes de la connaissance. En dernière instance, le système établi devrait pouvoir devenir un outil de lecture d'autres textes et éventuellement d'autres mythes. En tout état de cause, cette recherche sera l'occasion de faire "l'expérience du mythocomparatisme" dont parle Jean-Marie Grassin dans les Actes du Congrès de Littérature Générale et comparée de Limoges (1977). |
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| Autres domaines de recherche | ||
Réécritures musicales et cinématographiques
des mythes de Prométhée, du Diable, de Merlin de Faust et
de Dracula. Les mythes de Prométhée, du Diable et de Faust dans la peinture. Mélancolie et métaphysique dans les œuvres du XXe siècle (en particulier Sartre et Pessoa). |
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| Publication | ||
"Sur le chemin de l’écriture : musique et cinéma dans La Nausée de Jean-Paul Sartre", La Littérature et les arts, Vives Lettres, n°13, UMB, 1er semestre 2002. |
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| Communications | ||
"La Figure de Faust : théâtre, littérature, arts et cinéma". Conférence réalisée dans le cadre de la présentation du Faust de Goethe, mis en scène par Airy Routier au TJP. Partenariat du TJP, de la BMS et de l'UMB, 29 novembre 2003. |
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| Prochains colloques | ||
"Pour une histoire du Savant fou : de Prométhée
au Docteur Jekyll", Réalités et représentations,
1er Colloque international des jeunes chercheurs en Sciences Humaines
et Sociales. Colloque organisé par l'Association des doctorants
et docteurs de l'UMB et coordonné par Véronique Vermaelen,
Strasbourg, 10 et 11 mai 2004.
"Mélancolie et métaphysique dans la peinture et la littérature de l'entre-deux guerres", Peinture et Littérature au XXe siècle. Colloque organisé par Pascal Dethurens, Strasbourg, novembre 2004. |