Victorien Sardou, un siècle
plus tard
Colloque international S’il a connu une gloire inouïe dans la
seconde moitié du XIXe siècle, grâce en particulier
à Sarah Bernhardt qui lui servit souvent de muse inspiratrice
et d’emblème, le théâtre de Victorien Sardou
est aujourd’hui largement oublié : jamais réédité,
très peu joué sur les scènes contemporaines,
il n’a suscité dans les cercles de l’université
que de rares études. Les quinze volumes qu’il suffit
à remplir offrent pourtant une source précieuse pour
reconstituer l’imaginaire d’une époque, les attentes
d’un public français (mais aussi londonien et américain)
épris de spectaculaire, de drame historique et de comédie
satirique. Car Sardou, maître du renouvellement de soi et de
l’éclectisme joyeux, eut quarante ans de carrière
pour déployer des talents variés : tour à tour,
ou simultanément, auteur de féeries, de comédies
de mœurs, de satires sociales, de drames historiques ou psychologiques,
il fut aussi metteur en scène, décorateur à ses
heures, agent littéraire et promoteur de spectacles. Un homme
de théâtre, dans l’acception plurielle que
l’expression recouvrait au XIXe siècle, et jusqu’à
Cocteau. Mais cet éclectisme même, et plus encore le
suffrage du grand public, valurent à l’auteur de solides
inimitiés, et un mépris persistant. Ce n’est pas
le moindre intérêt de son œuvre que d’avoir
servi de repoussoir aux poètes et dramaturges de l’avant-garde,
notamment symboliste. Les propositions sont à envoyer jusqu’au
31 octobre 2004. Adresse : |